Un roman sur une maison. Tout y est propre, silencieux, parfaitement tenu, et personne à l’intérieur ne respire.

L’histoire

Kambili a quinze ans et vit à Enugu, au Nigeria, dans une grande maison. Son père, Eugene, dirige une usine et un journal d’opposition. Dehors, on le célèbre pour son courage et sa générosité. Dedans, il impose un emploi du temps minuté, une religion sans écart et une violence dont sa femme et ses enfants portent les marques. Kambili se tait, parce qu’elle a appris à se taire.

Puis elle passe quelques jours chez sa tante Ifeoma, universitaire à Nsukka, dans un appartement bien plus petit et bien plus pauvre. On y parle fort, on rit, on discute à table. Kambili découvre qu’une maison peut fonctionner autrement.

Ce que fait une maison

C’est pour cette raison que je le range ici. Le livre parle sans arrêt de lieux : le sol qui brille, les meubles alignés, les portes qu’on referme doucement. Adichie montre qu’un intérieur peut être irréprochable et invivable, et qu’un logement modeste et bruyant peut rendre de l’air à ceux qui y vivent.

Le titre

Dans le jardin d’Ifeoma pousse un hibiscus pourpre, une variété rare obtenue par un ami botaniste. Cette couleur n’existe pas à l’état naturel, quelqu’un a dû la faire naître. C’est l’image que le roman donne de la liberté : elle ne pousse pas toute seule, elle s’expérimente.

Premier roman d’Adichie, paru en 2003, traduit de l’anglais par Mona de Pracontal. Je ne dis rien de la fin.